Sur le retour de Laurent Gbagbo en 2021 : Simone Gbagbo souhaite garder l’image du père de la démocratie ivoirienne
Dans une interview accordée à Guillaume Vergès dans Actu People, l’ancienne Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, est revenue sur les remous qui ont accompagné le retour de son ex-époux en Côte d’Ivoire. On se souvient qu’à cette date, l’ancien prisonnier de La Haye, dans le cadre de son procès à la Cour pénale internationale (CPI), lors de son retour au pays, avait décidé de ne pas « recevoir » Simone Gbagbo. Cette date, faut-il le rappeler, est restée marquée dans les mémoires… et même dans celle de la présidente du MGC.
Et même si elle a été marquée, de la plus mauvaise des manières par cet épisode, Simone Gbagbo ne souhaite pas garder cette image de l’homme avec qui elle a partagé de nombreuses années de sa vie. « J’ai interdit aux miens de faire des commentaires négatifs ou même positifs sur cet acte. Le président Laurent Gbagbo est le père de la démocratie ivoirienne. Cela suffit pour l’honorer, garder le silence et le respect. Cette date du 17 juin 2021 n’est pas une bonne date pour moi. Ça fait d’ailleurs partie des choses dont je n’aime pas parler. Mais je pense qu’il y a eu un manque de grandeur ce jour-là. Et c’est dommage », a-t-elle relevé dans cet entretien.
À l’écouter, elle estime que Laurent Gbagbo, dès son retour au pays, avait « estimé qu’il y avait des choses dans sa vie antérieure à briser, et qu’il les a donc brisées ce jour-là ». En clair, pour Simone Gbagbo, le plus important aujourd’hui, c’est de retenir la grandeur de l’homme, ce qu’il a fait pour la Côte d’Ivoire. « Par rapport à l’histoire de la Côte d’Ivoire, je considère le président Laurent Gbagbo comme le père de la démocratie, comme le président Houphouët-Boigny a été le père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Cela suffit pour honorer le président Laurent Gbagbo jusqu’à la fin de sa vie. Le reste, ce sont des actes qui ont été posés, qu’on soit d’accord ou pas », a-t-elle signifié.
Selon cette figure de l’opposition ivoirienne, peu importe ce que l’ancien président ivoirien aura posé comme acte en tant qu’humain, le plus important reste ses actes pour la nation. « Le président Laurent Gbagbo a apporté des choses extrêmement importantes pour la nation ivoirienne. Déjà jeune étudiant, il a mené des combats contre la pensée unique, la jeunesse unique et le parti unique. C’est d’ailleurs sur ce terrain du combat que lui et moi avions fait connaissance. Nous étions tous en admiration pour ce jeune qui réussissait à tenir tête au président Houphouët-Boigny, jusqu’à l’obtention du multipartisme en 1990. Ce combat, cet engagement, les Ivoiriens le lui reconnaissent jusqu’à aujourd’hui. C’est ça qu’il faut retenir de l’homme politique Laurent Gbagbo », a-t-elle conclu.