Côte d’Ivoire : une plateforme nationale d’authentification numérique à l’étude pour simplifier les démarches administratives
La Côte d’Ivoire veut franchir une nouvelle étape dans la dématérialisation de ses services publics. Une étude de faisabilité vient d’être lancée, ce lundi 05 octobre 2026, pour examiner la mise en place d’une plateforme nationale d’authentification et d’un portefeuille d’identité numérique, avec pour objectif de simplifier les démarches des citoyens tout en renforçant la sécurité et la confiance dans les services numériques.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de modernisation des services de l’identification, du Plan d’accélération de la transition numérique et de la feuille de route 2026-2028 du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique. Elle figure également parmi les orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Pour le ministre de la Transition numérique, Djibril Ouattara, l’enjeu dépasse la seule création d’un nouvel outil technologique. Il s’agit surtout de construire un environnement numérique capable de permettre à l’administration d’identifier, d’authentifier et de vérifier de manière fiable les droits, qualités, diplômes, affiliations, permis ou encore certificats d’un usager.
L’objectif affiché est notamment d’éviter aux citoyens de fournir à plusieurs reprises des justificatifs que l’administration détient déjà et dont elle peut légitimement vérifier l’authenticité.
Le gouvernement entend s’appuyer sur les infrastructures déjà disponibles. Parmi celles-ci figurent le Registre national des personnes physiques (RNPP), les services de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), notamment MyONECI+, les infrastructures mutualisées de l’État ainsi que différents systèmes de référence sectoriels.
« Nous ne partons pas de zéro », a souligné le ministre Djibril Ouattara, insistant sur la nécessité d’évaluer les dispositifs existants avant toute décision.
L’étude devra ainsi déterminer les solutions permettant de réutiliser, renforcer ou compléter les infrastructures disponibles. Il ne s’agit donc pas, selon le ministre, « d’ajouter une plateforme de plus », mais de rechercher une architecture cohérente, sécurisée et interopérable, tout en veillant à une utilisation efficiente des ressources publiques.
À terme, cette identité numérique pourrait accompagner plusieurs moments de la vie administrative : création d’entreprise, concours, accès aux prestations sociales, reconnaissance de diplômes, démarches fiscales ou encore services de santé.
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité a, de son côté, insisté sur la dimension régalienne de l’identité. L’étude devra notamment examiner les différents niveaux d’authentification selon les risques associés aux services concernés.
La protection des données personnelles constitue également un axe majeur. Les responsables du projet évoquent notamment le principe de minimisation des données, la limitation de la corrélation entre les différents usages et la traçabilité des transactions.
Le portefeuille d’identité numérique devrait, dans cette logique, permettre au titulaire de conserver certaines attestations ou justificatifs délivrés par une source légitime, afin qu’ils puissent ensuite être vérifiés par les services autorisés.
Financée dans le cadre du Programme d’appui aux réformes et à l’accélération de l’e-gouvernement (PARAE), avec le soutien de la Banque africaine de développement, l’étude mobilisera plusieurs institutions, dont l’ONECI, l’ANSUT, l’ARTCI, l’ANSSI, la SNDI, le BNETD, la CNAM, ainsi que les administrations sectorielles, le secteur privé et les partenaires techniques.
Les principales consultations sont prévues à Abidjan à partir du 5 octobre 2026. La mission doit se poursuivre jusqu’à la fin janvier 2027.
Elle devra aboutir à un diagnostic des dispositifs existants, une comparaison des scénarios possibles et une proposition de trajectoire couvrant les dimensions techniques, institutionnelles, réglementaires et économiques.
L’ONECI, qui assure notamment la gestion du RNPP et l’attribution du numéro national d’identification (NNI), est appelé à jouer un rôle important dans cette démarche. L’organisme intervient également auprès des administrations publiques et privées pour l’enrôlement biométrique et l’authentification.
À travers cette étude, les autorités veulent donc poser les bases d’une identité numérique de confiance, capable de faciliter les démarches tout en garantissant l’interopérabilité des systèmes, la sécurité et la protection des données personnelles.
Sebastien_Levry [email protected]
Reported by Daily Guide.
Read Original Report at dailyguidenetwork.com ↗
Comments (0)
No comments yet. Be the first to share your opinion!