À la Une: la guerre des drones au Mali

À la Une: la guerre des drones au Mali

Revue de presse Afrique À la Une: la guerre des drones au Mali Publié le : 12/10/2026 – 09:51

Écouter – 03:50 Un homme passe devant un bâtiment endommagé lors d'une attaque de drone qui aurait été menée par l'armée malienne près de la frontière algérienne, à Talhandak, le 8 juillet 2026. © AFP Publicité De plus en plus souvent, la menace vient du ciel. Et cette menace pèse autant pour les jihadistes que pour les FAMa, les Forces armées maliennes. Témoin, rapporte le site Sahara Media, cette attaque hier dimanche menée par le FLA, le Front de libération de l’Azawad, contre un camp des Forces armées maliennes à Soumbé, dans la région de Tombouctou.

« Le porte-parole du mouvement, Mohamed Mouloud Ramdane, a déclaré que l’attaque avait été menée à l’aide d’un drone suicide, précise le site, et a diffusé une photo de la cible, qu’il a affirmé avoir été détruite. Il s’agit de la première action du Front de libération de l’Azawad depuis son retrait de Kidal, ville du nord-est du Mali, reprise sans résistance par l’armée malienne ».

Le FLA qui « soutient, pointe encore Sahara Media, que son recours aux technologies modernes, notamment aux drones, est une adaptation nécessaire à une réalité complexe du champ de bataille, où les forces locales sont confrontées à des capacités militaires inégales. Par conséquent, l’utilisation de ces technologies relève de ce que l’on peut qualifier d’un auto-développement des capacités ».

Pour sa part, le GSIM, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, qui se bat aux côtés des indépendantistes touaregs, utilise aussi des drones. Et, affirme Le Monde Afrique, « les combattants du GSIM ont été formés au maniement de ces engins volants par les services de renseignement ukrainiens, désireux de frapper les intérêts de Moscou, allié du pouvoir malien ».

Fin septembre, précise le journal, « des drones ont visé un convoi d’Africa Corps, le dispositif du ministère de la défense russe en Afrique, qui patrouillait à quelques kilomètres à l’est de Niono, dans le centre du Mali. Dès le lendemain, l’attaque était revendiquée par le GSIM. Images de propagande à l’appui, la franchise sahélienne d’al-Qaida a affirmé qu’elle avait fait “sept morts et blessés“ dans les rangs russes. À l’instar de nombreux autres groupes armés à travers la planète, le GSIM a de plus en plus recours à des drones légers et bon marché quadricoptères, équipés de charges explosives ou non, lors de ses opérations à travers le Sahel. Selon l’ONG Acled, précise encore Le Monde Afrique, l’organisation du Malien Iyad Ag Ghali a mené 130 attaques avec des drones au Mali et au Burkina Faso, où elle est déjà solidement implantée, mais aussi au Togo et au Niger, où elle tente de prendre pied, depuis septembre 2023, date de leur première utilisation lors d’un assaut contre le village de Korondali, dans la région malienne de Bandiagara ».

Et « comme les jihadistes, les rebelles du FLA ont recours à des drones, confirme Le Monde Afrique. Courant 2024, les services de renseignement ukrainiens, spécialistes en la matière et désireux de frapper les intérêts de Moscou sur tous les théâtres, les ont (donc) formés au maniement de ces armes aériennes. De quoi, pointe le journal, alimenter les critiques de ceux qui, au regard de la porosité entre les deux groupes, estiment que cela revient à fournir cette technologie à al-Qaida ».

Pour leur part, l’armée malienne et les supplétifs russes ont des drones militaires bien plus sophistiqués, comme les drones armés TB2 et Akinci, du constructeur turc Baykar, ou les drones iraniens kamikazes Shahed, capables de voler pendant plus de 24 heures ou de mener des frappes à plus de 1 000 kilomètres de distance. Des drones qui ont sans doute joué un rôle important lors de la reprise de Kidal la semaine dernière par les FAMa. En effet, signale le site Sahel Horizons, des frappes de drones ont été signalées jusqu’aux abords de la frontière avec l’Algérie, près de Tinzawaten. C’est ce qui a d’ailleurs très certainement amené Alger à inciter les indépendantistes « à ne pas sanctuariser la ville de Kidal, plus au sud, afin d’éviter une bataille urbaine destructrice à sa porte et un afflux massif de réfugiés sur son territoire ».

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Par : Frédéric Couteau Voir les autres épisodes

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