DECRYPTAGE. “Netanyahou va devoir trouver quelque chose de très fort pour s’en sortir”, à deux semaines des législatives en Israël, incertitude totale sur l’issue du scrutin

DECRYPTAGE. “Netanyahou va devoir trouver quelque chose de très fort pour s’en sortir”, à deux semaines des législatives en Israël, incertitude totale sur l’issue du scrutin

Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou. AFP Ajouter aux sources préférées sur Google Conflit Israël-Palestine, Guerre Israël-Hezbollah, International Publié le 12/10/2026 à 06:21 De notre correspondante à Tel Aviv, Ava Mergy l’essentiel À deux semaines des élections législatives en Israël, Benjamin Netanyahou fait face à une campagne électorale tendue. Les critiques sur sa gestion des événements du 7 octobre et les accusations de falsification d'archives par Avi Gil, ex-secrétaire militaire, dominent le débat. Un sondage révèle que 66 % des Israéliens soutiennent la création d'une commission d'enquête d'État, accentuant l'incertitude politique. 

Sans hésiter, Benjamin Netanyahou s’était empressé de rejoindre l’aéroport Ben Gourion pour s’afficher aux côtés de Yaniv Hayoun, le plombier qui a empêché le crash d’un vol FlyDubai. Mais cette séquence de campagne n’a pas produit le décollage attendu dans les sondages. « Quand on fait la moyenne des dernières enquêtes d’opinion, on voit qu’il y a encore une quasi-égalité entre le camp Netanyahou et l’opposition », analyse Philippe Velilla, essayiste et analyste politique. Pas de majorité claire pour l’un ou l’autre bloc. À deux semaines du scrutin du 27 octobre, l’incertitude demeure. Et les attaques contre le Premier ministre israélien continuent de voler en escadrille.

« Si vous restez en vie pendant le mandat de ce gouvernement, c’est un miracle », fustigeait le candidat d’opposition Yaïr Lapid, mettant en cause la capacité du Premier ministre, de la ministre des Transports, du Shin Bet (sécurité intérieure) et du Mossad à protéger les citoyens israéliens. Des critiques qui renvoient directement au débat brûlant sur les échecs du 7 octobre et sur la demande de création d’une commission d’enquête d’État.

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“Trahison”, “complot”… Les révélations choc d’Avi Gil, ex-secrétaire militaire de Benjamin Netanyahou, accusant son bureau de falsification d’archives datant de ce matin-là, ont créé une onde de choc en Israël. Le Premier ministre et ses alliés parlent de mensonges. Si certains en doutaient encore, c’est devenu le principal sujet de cette campagne électorale. « Ce n’est que si nous apprenons que nous pourrons réparer […] et construire ici un endroit plus sûr », a déclaré l’ex-otage Eli Sharabi lors de la cérémonie commémorative organisée par les familles à l’occasion du troisième anniversaire du massacre. Un discours longuement applaudi par les familles des victimes réunies dans le public. Le 24 octobre, trois jours avant les législatives, les principaux chefs de l’opposition doivent se retrouver place des Otages, à Tel-Aviv, pour un grand rassemblement organisé par le Conseil d’Octobre, qui rassemble des familles endeuillées. « Ils vont en faire leur thème central », estime Philippe Velilla, « parce que c’est un thème qui rejoint une majorité d’Israéliens ».

Selon un sondage réalisé par la 12e chaîne israélienne, 66 % des Israéliens soutiennent la création d’une commission d’enquête d’État. Un électeur de la coalition sur trois affirme que les défaillances du 7 octobre imputées au gouvernement l’ont conduit à envisager de modifier son vote. « Tout n’est pas encore joué », tempère Shneor Weber, journaliste et commentateur politique israélien. « La dernière semaine s’annonce décisive, beaucoup décideront pour qui ils vont voter. Netanyahou va devoir trouver quelque chose de très fort pour s’en sortir. »

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Mis à part les attaques ciblées contre le petit parti de droite « Amcha Yisrael » (Ton peuple Israël), auquel il reproche de lui faire perdre des voix, et le danger brandi d’une alliance avec les partis arabes, le Likoud ne semble pas encore avoir dégainé toutes ses cartouches. Il reste résolu à “sauver la droite”. Le thème d’un meeting tenu ce jeudi avec le parti sioniste religieux. Objectif : mettre sur pied un réseau de milliers d’activistes pour amener les électeurs de droite aux urnes. Opération militaire surprise susceptible de retarder le scrutin, nouvelles révélations à charge impliquant le Premier ministre… Que nous réservent les dernières semaines de la campagne ? C’est souvent la plus grande zone de turbulences.

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