Présidentielle 2027 : à six mois du premier tour, voici ce que les sondages révèlent sur la course à l’Élysée
A six mois du premier tour de la présidentielle 2027, les sondages dessinent un paysage inédit : Marine Le Pen nettement en tête, un peloton de poursuivants regroupés en quelques points et aucun “candidat naturel” pour lui faire barrage. Les dernières enquêtes Ifop, Harris Interactive et OpinionWay, compilées par le quotidien 20 Minutes, convergent toutes vers ce même rapport de force. Au‑delà du classement du premier tour, ces sondages présidentielle 2027 annoncent surtout une nouveauté majeure : dans tous les scénarios testés, la présidente du Rassemblement national sortirait gagnante au second tour, face à Édouard Philippe, Jean‑Luc Mélenchon ou Gabriel Attal. En toile de fond, la gauche sociale‑démocrate tente de se rassembler derrière Raphaël Glucksmann, mais le temps commence à presser.
Dans le dernier sondage Ifop réalisé jusqu’au 29 septembre 2026, Marine Le Pen est mesurée à 31 % des intentions de vote, contre 35% lors de la vague du 11 septembre, avec Édouard Philippe à 15%, Jean‑Luc Mélenchon à 14%, Raphaël Glucksmann à 9%, Gabriel Attal à 7% et Bruno Retailleau à 5%. Harris Interactive place la candidate du RN à 35% au 24 septembre, devant Mélenchon à 17% et Philippe à 13%, tandis qu’OpinionWay la mesure à 34%, toujours loin devant le duo Mélenchon‑Philippe (17% et 15%).
L’agrégateur de données Polyfact, qui vérifie et médiane ces enquêtes, situe son score autour de 34,5%, une estimation proche de la moyenne pondérée calculée par l’outil Pouls (34,1%). Dans ces moyennes, Philippe et Mélenchon tournent autour de 17% chacun, quand Attal gravite près de 11%, Glucksmann autour de 10% et Retailleau autour de 8%, ce qui illustre une bataille serrée pour la deuxième place derrière un bloc lepéniste déjà très élevé.
Au cœur de l’été, un sondage Harris Interactive donnait un duel Marine Le Pen‑Édouard Philippe quasiment à égalité, avec 51% contre 49%. Trois mois plus tard, le même institut crédite la première de 57% face à l’ancien Premier ministre, soit quatorze points d’avance. Ifop mesure un écart plus resserré (52% fin août) et OpinionWay à 55% le 10 septembre, mais la tendance reste la même : Philippe est aujourd’hui l’adversaire le moins mal placé, sans apparaître en position de l’emporter. Face à Jean‑Luc Mélenchon, l’écart devient un gouffre. Dans la dernière vague Harris Interactive, Marine Le Pen recueillerait 69% des suffrages contre 31% pour le leader insoumis, un résultat confirmé par Ifop et OpinionWay qui la situent à 67%.
Les hypothèses testant un second tour avec Gabriel Attal dessinent un retard d’une dizaine de points pour l’ancien chef du gouvernement, donné entre 43% et 46% selon les instituts, contre 54% à 56% pour la candidate du RN. Polyfact et Pouls constatent que, depuis juillet 2026, elle arrive en tête de tous les duels testés, son score oscillant la plupart du temps entre 52% et 57% face à un candidat centriste et au‑delà de 65% face à Mélenchon, même si Pouls rappelle qu’avec des échantillons d’environ 1500 personnes, la marge d’erreur tourne autour de ±2,5 points.
Côté gauche sociale‑démocrate, la primaire socialiste ouverte le 9 octobre 2026 éclaire une autre dynamique. Un sondage Toluna‑Harris Interactive pour M6 et RTL, présenté par le quotidien régional La Dépêche, place Raphaël Glucksmann largement en tête auprès des sympathisants de gauche avec 33% des intentions de vote, devant Ségolène Royal à 16% et le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure à 9%, tandis que Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel sont crédités chacun de 5%. Le même sondage le désigne aussi comme le plus apprécié des Français, avec 33% d’opinions positives contre 28% pour Royal, au sein d’un corps électoral de plus de 140.000 inscrits issus du PS, de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste ; pour le politologue Roland Cayrol, “le PS sort vainqueur des débats”.
Sur le plan national, les sondages présidentiels 2027 rassemblés par 20 Minutes à partir des données de la Commission des sondages, via Sondax, et agrégés par Polyfact situent pourtant Glucksmann autour de 9% à 10% d’intentions de vote au premier tour, loin derrière Mélenchon et derrière le bloc centriste Philippe‑Attal. Cet écart illustre le dilemme de la gauche, entre primaire qui dynamise un camp et offre fragmentée susceptible d’empêcher l’accès au second tour, tandis que les études d’opinion soulignent une “fracture d’âge” marquée entre électeurs jeunes et seniors et restent, par construction, soumises aux aléas de la participation réelle.
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