Me Habiba enfonce le PPA-CI
Commençons par la pièce qu’elle verse au dossier. Le dernier Pasec publiĂ© est celui de 2019, et il n’avait rien de flatteur pour notre Ă©cole : en fin de primaire, quatre Ă©lèves sur dix au niveau attendu en lecture, moins de deux sur dix en mathĂ©matiques. Le constat Ă©tait sĂ©vère. Le pays en a tirĂ© des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de l’Ă©ducation, et Mariatou KonĂ©, alors ministre de l’Éducation nationale, demandait encore en mai 2022 de « mettre les bouchĂ©es doubles ». Des rĂ©formes ont suivi. Les Ă©coliers ont Ă©tĂ© testĂ©s de nouveau en 2025 et les rĂ©sultats sont attendus Ă Dakar les 22 et 23 octobre. On saura alors si l’effort a payĂ©. La photographie que commente Me Habiba a donc sept ans, et la suivante arrive dans deux semaines.
Mais passons, car le chiffre n’est pas le plus intĂ©ressant. Le plus intĂ©ressant, c’est le raisonnement. Que nous dit la porte-parole ? Qu’un pays attaquĂ© de toutes parts peut faire mieux qu’un voisin en paix. L’Unicef y comptait en 2023 plus de 6 000 Ă©coles fermĂ©es, près d’une sur quatre, et plus d’un million d’Ă©lèves touchĂ©s. Qu’importe : Ă suivre son raisonnement, la guerre n’empĂŞche pas de bien travailler.
La question tombe mal pour son parti. Car le camp de Laurent Gbagbo n’a jamais eu qu’une rĂ©ponse quand on lui prĂ©sente le bilan des annĂ©es 2000 Ă 2010 : la guerre. Qu’on parle d’Ă©cole, de santĂ©, de routes ou d’emploi des jeunes, tout s’explique par la rĂ©bellion du 19 septembre 2002. Elle a tout empĂŞchĂ©, donc tout excusĂ©. L’argument servait dĂ©jĂ Ă l’approche de la prĂ©sidentielle de 2010. Il sert encore, vingt-quatre ans après les faits. Dix ans de pouvoir, une seule ligne de dĂ©fense.
Et voilĂ que la porte-parole, sans que personne ne lui ait rien demandĂ©, retire elle-mĂŞme cette ligne du dossier. Si le Burkina peut briller sous les balles, que reste-t-il Ă plaider pour la Refondation, qui avait gardĂ© Abidjan, les deux ports, l’essentiel du cacao et les caisses de l’État ? Le Burkina, lui, n’a ni port ni cacao. Me Habiba est avocate. Elle sait ce que vaut un aveu, surtout quand son auteur le filme et le met lui-mĂŞme en ligne.
Le PPA-CI devra choisir entre son excuse et sa porte-parole. On ne peut pas soutenir le lundi que la guerre interdit de gouverner, et citer en exemple, le mardi, un pays en guerre.
Dans les prĂ©toires, cela s’appelle plaider contre son client. Et le client, cette fois, se nomme Laurent Gbagbo.
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