Affaire Rita Djédjé, Maman Caï-Caï: ce que risquent les personnalités selon Jean Bonin
Le procureur national financier ne vise pas seulement la promotrice présumée des opérations immobilières dans l’affaire Rita Djédjé. Son communiqué du mercredi 7 octobre 2026 cible aussi des personnalités connues du public qui ont participé à la promotion des projets.
Selon le parquet, certaines d’entre elles seraient apparues dans des vidéos aux côtés de la principale mise en cause pour attirer des acquéreurs. D’autres, notamment dans des groupes WhatsApp, auraient présenté les projets comme viables et encouragé les souscriptions.
Juriste ivoirien, Jean Bonin rappelle que faire de la publicité pour un projet n’est pas, en soi, une infraction. Un artiste, un journaliste ou un influenceur peut être rémunéré pour promouvoir un produit sans répondre des irrégularités de l’entreprise qui le vend. « La responsabilité pénale est personnelle », souligne-t-il.
Le nouveau Code pénal ivoirien pose toutefois une limite. Son article 30 considère comme complice toute personne qui, « en connaissance de cause », aide ou assiste l’auteur, directement ou indirectement, dans les faits qui préparent ou consomment l’infraction. Le complice encourt en principe les mêmes peines que l’auteur, même s’il n’a jamais touché l’argent des victimes.
Jean Bonin distingue deux cas de figure. Un influenceur à qui l’on présente des documents et que l’on assure de l’existence des terrains ne peut pas être déclaré complice sur la seule base d’une vidéo, estime-t-il. Celui qui apprend que les parcelles sont indisponibles ou que des acquéreurs ont payé sans rien recevoir, puis continue de rassurer les souscripteurs, se trouve dans une « situation radicalement différente ».
Selon lui, les enquêteurs examineront, personne par personne, les vidéos publiées, les messages WhatsApp, les contrats publicitaires, les rémunérations, les virements et les échanges avec la promotrice. Une rémunération ne prouve pas la culpabilité, mais elle peut éclairer la relation avec le promoteur.
Le communiqué mentionne aussi l’article 203 du Code pénal, relatif à l’association de malfaiteurs. Travailler ensemble sur une campagne de communication ne suffit pas à la caractériser : il faut démontrer une entente à finalité criminelle ou délictuelle, rappelle le juriste.
La présomption d’innocence reste de mise. Plusieurs médias ivoiriens indiquent que des personnalités apparues dans les contenus promotionnels ont été entendues, mais être cité ou entendu ne signifie pas être coupable. Le juge devra individualiser les responsabilités, et la détention préventive relève d’une décision motivée du juge d’instruction, non du seul parquet. Pour Jean Bonin, la question centrale sera de savoir « qui savait quoi, à quel moment, et qu’a-t-il fait de cette connaissance ? ».
Le procureur national financier vise aussi les personnalités qui ont promu les projets immobiliers. Le juriste Jean Bonin détaille le risque pénal encouru.
Le procureur national financier vise aussi les personnalités qui ont promu les projets immobiliers. Le juriste Jean Bonin détaille le risque pénal encouru.
Le procureur national financier vise aussi les personnalités qui ont promu les projets immobiliers. Le juriste Jean Bonin détaille le risque pénal encouru.
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