Hommage/ Paul Yao-Yao : Bouaké, là où tout a commencé, là où tout s’achève

Hommage/ Paul Yao-Yao : Bouaké, là où tout a commencé, là où tout s’achève

Décédé le 12 septembre dernier, Paul Yao-Yao a été conduit samedi à sa dernière demeure, au cimetière municipal de Bouaké, à Air France 3. Après plusieurs jours d’hommages à Abidjan, parents, amis, anciens élèves, collègues et sportifs ont accompagné, dans une profonde émotion, l’Inspecteur général de l’Éducation nationale à la retraite pour son ultime voyage, entre larmes, prières et souvenirs.

 « Derrière tous ces titres, toutes ces responsabilités, toutes ces médailles et distinctions, il y avait un homme. Cet homme était notre père. Mais il était aussi le père de beaucoup d’autres : ses élèves devenus enseignants, des sportifs, des collègues, des jeunes qu’il a conseillés. Son plus grand héritage, ce sont toutes ces personnes qui peuvent aujourd’hui dire : “Je lui dois ce que je suis.” » Par ces mots, sa fille, Marie Michèle, a résumé l’essentiel de ce que Paul Yao-Yao laisse derrière lui : une vie consacrée aux autres et une empreinte profondément humaine.

Samedi, cette mémoire a accompagné le défunt jusqu’au cimetière municipal de Bouaké, à Air France 3, où l’Inspecteur général de l’Éducation nationale à la retraite a été inhumé. Après la messe de requiem, le cortège funéraire s’est ébranlé en direction du cimetière. Une longue file de véhicules a suivi la dépouille, dans un silence ponctué de prières et de souvenirs.

Ils étaient venus de Bouaké, d’Abidjan, de plusieurs régions du pays et même de l’étranger. Presque de partout donc. Parents, amis, collègues, anciens élèves et sportifs ont voulu être là pour ce dernier voyage. Pour beaucoup, il ne s’agissait pas simplement d’accompagner un ancien responsable ou une figure du sport et de l’éducation, mais de marcher une dernière fois aux côtés d’un frère, d’un ami, d’un père ou d’un mentor.

Tout de blanc vêtus, certains, portant une écharpe à l’effigie du disparu, les proches ont avancé derrière le corbillard avec une profonde émotion. Les visages fermés, les yeux rougis, les accolades prolongées et les larmes difficilement contenues racontaient mieux que les mots la douleur de cette séparation. À certains moments, le silence devenait presque total, comme si chacun mesurait l’irréversibilité de l’instant.

Dans les échanges, les souvenirs affluaient. Une anecdote, un geste, une parole, un conseil. L’homme affable, sociable, disponible et généreux reprenait ainsi vie dans les récits de ceux qui l’avaient côtoyé. Des souvenirs qui ont accompagné les obsèques depuis l’annonce du décès jusqu’à la dernière prière.

L’émotion avait commencé plusieurs jours auparavant à Abidjan. De la veillée, mercredi, à la levée du corps, vendredi, la salle Félix Houphouët-Boigny d’Ivosep n’avait cessé d’accueillir du monde. Parents, amis, anciens élèves, collègues, sportifs et personnalités s’y sont succédé pour rendre hommage à celui qui aura consacré une grande partie de son existence à l’éducation et au sport.

Plusieurs personnalités politiques, institutionnelles, militaires et administratives ont également tenu à effectuer le déplacement. Parmi elles, les ministres Amadou Coulibaly, Françoise Remarck et Jean-Louis Moulot, l’ancien Premier ministre Jeannot Ahoussou-Kouadio, Claude Sahi Soumahoro, Gilbert Aké N’Gbo, le général de corps d’armée Alexandre Apalo Touré et le directeur général des Douanes, le général Dah Pierre.

Cette mobilisation a traduit la place occupée par Paul Yao-Yao dans le paysage éducatif et sportif ivoirien. Enseignant, éducateur, Inspecteur général de l’Éducation nationale et ancien handballeur, il avait fait de la transmission et de l’encadrement des jeunes le fil conducteur de son parcours. Ceux qui l’ont connu retiennent notamment son engagement, son sens du partage et sa capacité à accompagner les autres.

La reconnaissance de la Nation s’est également exprimée à titre posthume. Paul Yao-Yao a été élevé au grade de Commandeur dans l’ordre du Mérite de l’Éducation nationale et au grade de Commandeur dans l’ordre du Mérite sportif.

Mais à Bouaké, samedi, les titres et les honneurs ont finalement laissé place à la douleur de l’ultime séparation. Lorsque la dépouille a été portée vers la tombe, les conversations se sont tues. Les prières se sont élevées. Dans ce silence lourd d’émotion, les proches ont vécu les derniers instants auprès de celui qu’ils ne reverront plus.

Peu à peu, la foule s’est dispersée. Certains ont quitté le cimetière en silence, d’autres échangeaient à voix basse les souvenirs d’une vie partagée. Dans la terre de Bouaké, Paul Yao-Yao repose désormais auprès des siens, son père, sa mère et ses frères partis avant lui.

Au moment où chacun s’apprêtait à partir, les mots d’espérance sont venus apporter un peu de réconfort : « Sur le seuil de sa maison, notre Père t’attend et les bras de Dieu s’ouvriront pour toi. »

Il reste désormais dans les mémoires l’époux, le frère, le père, l’ami, l’enseignant, l’éducateur, le sportif, mais surtout l’homme généreux et accessible qui aura consacré sa vie à transmettre et à donner aux autres. À Bouaké, là où son histoire avait commencé, s’achève ainsi le parcours terrestre de Paul Yao-Yao. Mais, son héritage, lui, continuera de vivre à travers les générations qu’il a formées et accompagnées.

Bouaké aura ainsi été le premier chapitre et le dernier de la vie de Paul Yao-Yao. Hommage national mérité donc à un citoyen de dimension nationale certes, mais aussi et peut-être hommage à une famille, les Yao-Yao dont le comportement social exemplaire est reconnu de tous. Et c’est certainement à travers Paul une consécration de l’éducation que le père Jules Yao -Yao a donné à ses enfants. C’est donc la bonne Education nationale que son père a incarnée qui a été saluée !

ElisabethG [email protected]

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Reported by Modern Ghana.

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