Mali : au moins huit civils tués dans des frappes de l’armée
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Au moins huit civils ont été tués et d’autres blessés lundi dans des frappes de l’armée malienne sur un village dans le centre du pays, a appris l’AFP mercredi auprès de sources sécuritaires et locales.
Le Mali est dirigé par une junte souverainiste arrivée au pouvoir par deux coups d’État en 2020 et 2021 sur la promesse de rétablir la sécurité intérieure et de maintenir son intégrité territoriale, sans y parvenir jusqu’à présent.
Depuis plusieurs années, les exactions commises contre des civils par l’armée et leurs alliés paramilitaires russes, anciennement Wagner, devenus l’Africa Corps, ont été largement documentées.
Les frappes de l’armée ont eu lieu sur le village de Nzanakoro, dans la zone de Niono, région de Ségou (centre), selon les sources consultées par l’AFP.
« Le bombardement a eu lieu dans la matinée de lundi. Huit personnes sont mortes et plus de dix autres ont été blessées avec des corps partiellement calcinés », a dit à l’AFP une source sécuritaire s’exprimant anonymement.
Un élu local basé à Niono confirme le bilan de « huit morts don’t quatre femmes et des enfants ».
Selon lui, « il y a aussi des blessés très graves don’t au moins six enfants qui ont des brûlures et des femmes complètement traumatisées ».
« Au regard de la nature des blessures et de la mauvaise prise en charge, nous risquons de perdre d’autres » personnes, poursuit l’élu.
Un habitant vivant à une dizaine de kilomètres du lieu touché par les frappes raconte avoir vu « des avions faire des va-et-vient le matin avant d’entendre des bombardements plus tard ».
« Au moins six grosses détonations venaient du même endroit », raconte cette source.
Selon une autre source sécuritaire, basée à Ségou, cette frappe a eu lieu dans une zone où des militaires maliens et des paramilitaires russes « sont tombés dans une embuscade meurtrière ayant fait sept morts fin septembre ».
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés aux organisations jihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, ainsi que de bandes criminelles communautaires et de mouvements indépendantistes touareg.
Le pays sahélien dirigé par une junte s’est rapproché de la Russie, don’t les paramilitaires du groupe Africa Corps l’aider dans sa lutte antijihadiste.
Le pays est plongé dans une situation sécuritaire encore plus critique depuis fin avril 2026. Les jihadistes du JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), alliés aux indépendantistes touaregs, avaient alors lancé une série d’attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte et de l’armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako, la capitale.
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