Quartier Zimbabwé à Port-Bouët : les déguerpis accusent Bacongo de propos « déshumanisants » et réclament un relogement

Quartier Zimbabwé à Port-Bouët : les déguerpis accusent Bacongo de propos « déshumanisants » et réclament un relogement

Le Collectif des déguerpis de Vridi 3, autrement appelé Zimbabwé, dans la commune de Port-Bouët, à Abidjan, a dénoncé dimanche 4 octobre 2026 des propos qu’il attribue au ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahim Bacongo, et qu’il juge « dégradants » et « déshumanisants », réclamant notamment le relogement des familles affectées par la démolition de leurs habitations.« Nous sommes des êtres humains, des citoyens », a martelé le collectif, dont la parole était portée par Saïdou Traoré, lors d’une conférence de presse organisée sur le site déguerpi de Vridi 3, également appelé « Zimbabwé », dans la commune de Port-Bouët, au sud d’Abidjan.Selon le collectif, le ministre-gouverneur aurait qualifié les habitants de la zone d’« extraterrestres », d’« insectes » et d’« animaux ». Des propos que les représentants des déguerpis disent avoir vécus comme une atteinte à leur dignité.Le collectif rappelle que des familles étaient installées à Vridi 3 depuis 1963 et qu’une véritable communauté s’y était progressivement constituée, avec notamment une école, un centre de santé, un marché ainsi que des réseaux d’eau et d’électricité.Les habitations ont été démolies le 2 juin 2026 dans le cadre d’une opération de déguerpissement. Depuis, les familles affectées affirment faire face à des difficultés de logement et dénoncent une situation particulièrement préoccupante pour les enfants, dont certains seraient privés de scolarité et de conditions d’hébergement normales.

« Nous demandons simplement à être traités comme des citoyens »Le collectif réclame au gouvernement un relogement des personnes déguerpies, la création d’un guichet d’information destiné aux sinistrés et la publication de la liste des personnes recensées par le District autonome d’Abidjan.Il affirme également avoir engagé des démarches auprès du District depuis 2024 afin d’obtenir des informations sur le devenir de Vridi 3. Selon lui, des assurances lui auraient encore été données quelques jours avant l’opération que la zone n’était pas concernée par le déguerpissement.« Nous avons demandé le dialogue, nous avons attendu et nous avons fait confiance », a expliqué le collectif, qui estime aujourd’hui nécessaire d’obtenir des réponses précises des autorités.Les déguerpis souhaitent désormais rencontrer le Premier ministre Robert Beugré Mambé ainsi que le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité afin d’avoir des « échanges francs » sur leur situation et les mesures envisagées en leur faveur.Le collectif indique enfin se réserver le droit de saisir les « instances compétentes » au sujet des propos qu’il considère comme « dégradants et déshumanisants ».Cette prise de position intervient dans un contexte de multiplication des opérations de déguerpissement à Abidjan, menées par les autorités au nom de la lutte contre les constructions dans des zones jugées à risque ou incompatibles avec les projets d’aménagement urbain.DNG

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