Côte d’Ivoire/ Journalisme en Côte d’Ivoire : La déclaration de Fabrice SAWEGNON relance le débat sur l’employabilité des jeunes diplômés

Côte d’Ivoire/ Journalisme en Côte d’Ivoire : La déclaration de Fabrice SAWEGNON relance le débat sur l’employabilité des jeunes diplômés

La déclaration attribuée à Fabrice Sawegnon, Directeur Général de Life TV, lors d’un panel consacré aux médias en Afrique, mérite de susciter une réflexion au sein du secteur de la communication et de l’information en Côte d’Ivoire.

Selon cette déclaration, sur quelque 300 à 400 CV de jeunes Ivoiriens formés au journalisme et transmis à sa chaîne de télévision privée, aucun n’aurait été retenu pour intégrer la rédaction.

Si ces chiffres et cette affirmation correspondent précisément aux propos tenus, ils soulèvent nécessairement des interrogations sur l’adéquation entre les formations dispensées dans les établissements d’enseignement et les exigences professionnelles des médias audiovisuels.

Cette situation interpelle à la fois les pouvoirs publics, les établissements de formation, les professionnels des médias et, plus largement, l’ensemble de la société ivoirienne.

La Côte d’Ivoire dispose pourtant d’une Institution de référence dans la formation aux métiers de la communication et de l’information : l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC Polytechnique). Cet établissement accueille également, au-delà des étudiants ivoiriens, des ressortissants de plusieurs pays africains venus se former aux métiers du journalisme et de la communication.

À l’ISTC Polytechnique, la formation associe enseignements théoriques et exercices pratiques, notamment dans les filières liées à la radio et à la télévision. L’établissement dispose par ailleurs de studios et d’équipements destinés à mettre les étudiants en situation professionnelle, avec l’encadrement de professionnels du secteur.

D’autres établissements privés proposent également des formations dans le domaine du journalisme et de la communication, avec des dispositifs pratiques permettant aux étudiants de se familiariser avec les réalités du métier.

Dès lors, la déclaration de Fabrice SAWEGNON pourrait constituer une occasion d’ouvrir un dialogue entre les professionnels des médias et les établissements de formation.

Le ministère de la Communication, porte-parole du Gouvernement, en sa qualité de ministère de tutelle de l’ISTC Polytechnique, pourrait notamment échanger avec les responsables de Life TV afin de mieux comprendre les critères de recrutement appliqués par la chaîne et les compétences qui font défaut aux candidats.

Il serait également utile de connaître, dans le respect des règles de confidentialité relatives aux candidatures, les profils recherchés par les médias privés et les principales raisons pour lesquelles certains jeunes diplômés ne répondent pas aux exigences des recruteurs.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pourrait également être associé à cette réflexion. Une évaluation régulière de l’adéquation entre les programmes de formation et l’évolution des métiers du journalisme, de la télévision, de la radio et des médias numériques apparaît importante dans un secteur en constante mutation.

La question mérite d’autant plus d’attention que l’État investit dans la modernisation des infrastructures et des équipements destinés à la formation des futurs professionnels de l’information. Ces investissements doivent pouvoir contribuer à une meilleure préparation des étudiants aux réalités du marché de l’emploi.

Il ne s’agit donc pas de mettre en cause les établissements de formation ni de considérer que les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes diplômés seraient exclusivement liées à la qualité de leur formation.

Les critères de recrutement peuvent également dépendre de l’expérience, des compétences techniques, de la maîtrise des outils numériques, de la pratique professionnelle, des besoins spécifiques des rédactions et de la politique interne de chaque média.

Cependant, si plusieurs centaines de candidatures de jeunes formés au journalisme n’ont effectivement pas abouti à un recrutement dans une chaîne de télévision, cette situation mérite d’être analysée de manière objective.

Au-delà du cas de Life TV, c’est toute la problématique de l’employabilité des jeunes diplômés des métiers de l’information et de la communication qui se trouve posée.

Une concertation entre les pouvoirs publics, les écoles de formation et les entreprises de médias pourrait ainsi permettre d’identifier les éventuels écarts entre les compétences enseignées et celles recherchées par les employeurs, et d’envisager, si nécessaire, une adaptation des programmes de formation.

La déclaration de Fabrice Sawegnon pourrait donc être saisie comme un point de départ pour un débat constructif sur la formation, l’insertion professionnelle et l’avenir du journalisme en Côte d’Ivoire.

Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique

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