Yaya Fofana dévoile son nouveau roman : Renié par son père à 7 ans pour avoir choisi l’école, Mouadou bouleverse la Côte d’Ivoire
À 7 ans, Mouadou doit choisir entre son père et l’école. Il choisit l’école. Son père le renie pendant 21 ans. C’est le point de départ poignant de Fatchè ne n’a bamousso te n’étaye, le nouveau roman de l’écrivain ivoirien Yaya Fofana.
« Celui qui part à l’école des chrétiens n’est plus mon fils. » La sentence tombe devant toute la famille. Mouadou n’a que 7 ans. Il part quand même. Commence alors un parcours de combattant. Sans soutien paternel, avec une mère aimante mais démunie, le petit garçon vend des beignets à l’aube pour payer ses fournitures, ardoise fendue en main. Ni la faim, ni les humiliations ne le font renoncer.
Au cœur de cette enfance brisée, une phrase de sa grand-mère Nah va tout changer : « Fatchè ne n’a bamousso te n’étaye », « Mon père et ma mère ne sont pas à moi ». D’abord vécue comme un abandon, elle deviendra le fil conducteur de sa résilience.
De son village du Worodougou à Séguéla, puis à Abidjan, Yaya Fofana nous fait suivre l’itinéraire d’un enfant qui refuse son destin. Petits boulots, faim, maladie, mais aussi rencontres décisives : une enseignante qui lui ouvre la littérature, un imam qui lui prouve que foi et savoir ne s’opposent pas, une vendeuse devenue mère de substitution.
Mouadou ira jusqu’au bout : BEPC, bac, université, professeur de français. L’enfant vendeur de beignets devient un homme de savoir. Mais peut-on guérir de 21 ans de silence paternel ?
Le coup de fil qui change tout arrive un matin : Karamoko Bakayoko, son père, est mourant et veut le revoir. Mouadou reprend la route du Nord. Ce retour n’est pas une simple réconciliation. C’est une plongée dans l’histoire familiale, où l’auteur révèle derrière l’intransigeance du père, la peur et les traumatismes transmis de génération en génération.
Avec Fatchè ne n’a bamousso te n’étaye, Yaya Fofana signe bien plus qu’un roman sur l’école. Il brise le faux duel entre école coranique et école moderne, entre tradition et modernité. Son message est clair : on n’a pas besoin de détruire l’une pour appartenir à l’autre.
À travers des symboles forts – l’ardoise fendue, le plateau de beignets, la kola blanche, la planchette coranique – l’auteur rend hommage à tous ceux qui ont dû travailler pour s’acheter un cahier, à ces mères aux « mains vides » qui laissent pourtant à leurs enfants le plus précieux : la liberté de tracer leur voie.
En librairie, Fatchè ne n’a bamousso te n’étaye s’impose comme un roman sur la transmission. Que faisons-nous des blessures héritées ? Les répétons-nous ou décidons-nous qu’elles s’arrêtent avec nous ?
La plus belle victoire de Mouadou n’est pas son diplôme. C’est d’avoir transformé sa souffrance en une porte ouverte pour les autres.
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